mardi 10 février 2009

The All American Rejects … La blagueeeeeeeeuh !



J’ai pris un coup de vieux… En rentrant dans cette salle, au cri des groupies en furies, au rock pasteurisé labélisé US à la Plain White T’s… « Mais Bordel de merde, qu’est-ce que je branle dans un concert de teenagers moyenne d’âge 14 ans ??!! »

Revenons au commencement… Au commencement Dieu créa la lumière et la lumière fut… Oups jme suis gouré de récit.

C’était le cœur chantant que je retournais à la Maroquinerie, petite et coquette salle parisienne où j’avais revu No Use For A Name une semaine auparavant (super concert au passage, ils reviennent à leurs origines punk et ce n’est pas pour me déplaire). Cool me dis-je, je connais le chemin pour y aller. Je m’arrête donc station « Belleville », puis après une petite réflexion, je vois une rue qui monte « Ah ouais c’est vrai, il faut prendre la rue qui porte le même nom que la station de métro, la rue qui monte là ». Aussitôt dit, aussitôt fait. Je savais qu’il fallait pas mal monter avant de croiser la rue Boyer où se trouve la salle, pas d’inquiétude… Sauf que je finis par bien monter quand même, jusqu’à croiser une station de métro que je n’avais pas croisé la semaine passée en allant voir No Use… Bizarre bizarre, me serais-je planté ??? « Ah mais oui bien sûr il fallait prendre le boulevard Belleville et pas la rue… Qué couillon ! »… Tentant de déchiffrer le bout de carré faisant office de plan dans la station de métro, je fais confiance à mon instinct de chasseur… Grossière erreur !!! Le sens de l’orientation n’est pas mon ami c’est un fait… Mais quand je ne me souviens même plus de la rue exacte ET de la station de métro à laquelle j’aurais dû m’arrêter (à savoir « Ménilmontant »), je crois que je suis bon pour consulter le médecin le plus proche... Histoire d’enfoncer le clou je vous laisse admirer mon magnifique trajet pédestre qui m’a permis : de faire connaissance avec la rue Bisson et ses cités intra muros très accueillantes, des bars parisiens où les serveurs ne sont pas parisiens donc ne connaissent pas la maroquinerie et un petit resto oriental où on m’a enfin guidé vers le chemin de la rédemption…



Soit un parcours de 4 km alors que le trajet retour n’a fait que 500 m … Honte à moi.

Je n’étais pas arrivé au bout de mes surprises, revenons à nos moutons, ou plutôt à nos rejetons de l’Amérique puritaine.

Bon je vais vous épargner mon habituelle litanie « Ouais je me la pète je connais ce groupe depuis leur tout premier album, j’ai vu leur premier passage télé au Letterman Show pour le single Swing Swing blablabla »… Pour plutôt m’enfoncer un peu plus.

Résumons ce fameux groupe :

1) Un nom de rebelle puceau comme il faut « The All American Rejects » … « Ouais, c’est bon vazy ma mère elle veut pas que monte le son de mon ampli quand je reprends Sweet Dreams de Marylin Manson (euh au fait, c’est de Eurythmics à la base quand même ^^’) »… Bon passons OK.
2) Une musique bien pop rock calibrée avec la saturation toute propre sur les guitares : « putain les gars trop bien, ils ont inventé Swiffer pour la guitare électrique, les ados l’adorent et les mamans sont d’accord ! (Sunny Delight ©) », les grattes acoustiques/voix si chères aux fins d’épisodes des frères Scott, les mélodies accrocheuses comme il faut avec les paroles qui vont avec : « It ends tonight … Even when you heart comes down move along move along …. I wanna i wanna i wanna touch you, you wanna touch me too … » Attention, on ne rigole pas avec le song writing chez les All American Rejects, didiou !



3) Un chanteur qui ressemble comme 2 gouttes d’eau à Clark Kent (du moins dans la série Smallville)… Mais pas genre le bogoss qui s’ignore, non non il a bien mis la chemise blanche avec la moitié des boutons ouvert… Et les filles elles Kiffent !!! Ah bah ouais faut pas déconner avec ça, cris intempestifs avant/pendant/après chansons, refrains appris par cœur avec l’accord de Papa, et envoi de sous vêtements tout à la fin « Ouais j’ai enfin réussi à enlever mon soutif par la manche avant la fin du concert ! »

Maintenant, comme dans les films, faisons un arrêt sur image, au moment où je pénètre dans la salle, tout candide et accessoirement plein de sueur d’avoir couru toute la montée. Il est 21h04, le concert a déjà débuté depuis je ne sais combien de cris de groupies et je tente tant bien que mal de me frayer un chemin dans la salle obscure et remplie à bloc. La chanson finie, je suis interpellé par la réaction du public très enthousiasmé, ainsi que par la moyenne d’âge.

Musicalement parlant c’est pas mal du tout, on sent bien qu’ils ont de la bouteille, qu’ils ont tourné beaucoup et qu’ils sont en place. Les compos ont beau ne pas casser 3 pattes à canard, c’est carré, chacun sait ce qu’il doit jouer, je suis juste un peu surpris de voir 6 zikos sur scène, quand bien même il me semblait qu’à leurs débuts ils étaient 4. Si j’ai bien compris sur les anciennes compos, le chanteur reprend la basse et ils ne jouent plus qu’à 5.
Sur les parties « gratte au coin du feu, ce soir je vais pécho avec ma compo » la voix du mec s’entend clairement, c’est juste (limite trop, on dirait que c’est du playback). Sur les parties plus « rock vazy jsuis un rebelle obligé, mes parents ils me demandent de baisser le son pour pouvoir écouter les infos de TF1 », c’est un peu plus brouillon par moment et on a du mal à distinguer la voix, la rythmique et la basse… Mah bon passons, parce que le principal c’est que … Je kiffe ce genre de zik’… Je sais, j’ai pas arrêté de tailler en pointe le blason de ce chti groupe au point d’en faire un costard 3 pièces en saumon fumé … Et pourtant, ces mélodies ça me parle, ça m’émeut, au point d’avoir envie de reprendre tout ça avec ma gratte. Un peu comme Plain White T’s que j’ai vu à Rock en Seine l’été dernier, une recette archi usée, mais ça marche encore et encore, y’a rien à faire j’ai aimé ce concert dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment… Juste un peu trop court…

Fin du rappel, il est 21h54, les lumières se rallument, je n’aurais eu droit qu’à 50 min de concert à cause de mon sens de l’orientation « perfectible » (ça y’est je parle comme un manager). En y réfléchissant bien, tout est inclus dans le pack « concert pour teenagers » : le chanteur en carton pâte, les compos livrées en Kit « Y’a plus qu’à assembler » et les horaires de fin qui permettent à Maman de venir nous récupérer pas trop tard parce que demain y’a école … Quand j’vous disais que j’avais pris un coup d’vieux ;)

Good ride on the Vibe,

Jayjay

mercredi 12 novembre 2008

Paul Gilbert : l’apôtre du rock (Paris – Trabendo – 12/11/2008)




Les news sont de plus en plus fraîches, je rentre à peine du concert et « oh my god, this guy rocks ! » serait ma façon de résumer ce show, ce type, ce jeu de guitare complètement stratosphérique… M’enfin, commençons par le commencement.

Bien m’en a pris de vérifier l’heure de début du concert car, contrairement aux habitudes parisiennes à savoir « 20h30 1° partie, 21h30 tête d’affiche », pas de première partie à l’horizon et Paul est censé lâcher ses premières notes à 20h pétantes… Je me pointe donc quelques minutes avant 20h à la salle (hé oui, quand on n’a pas d’amis pour aller voir des putains de concert de rock, MAIS instrumental, l’attente c’est chiant). Une fois à l’intérieur, la salle est déjà quasi remplie et j’essaie de me trouver une place stratégique, un peu éloigné de la scène certes, mais conférant une bonne visibilité car surplombant la scène. En attendant le set de Paul j’observe la salle : public éclectique mais à dominante mâle, cheveux longs, boucs, blousons en cuir… Pas beaucoup de représentantes de la gent féminine, dommage.

Les lumières s’éteignent et les zicos débarquent les uns après les autres sous l’acclamation de la foule (c’est d’un banal, j’ai vécu ce moment facile une centaine de fois). Après le « bonsoir paris, we are honoured to play here » de rigueur (honorés en quoi d’ailleurs ? Peut-être de Balzac), ça commence à distordre sur la guitare, MAIS pas à tout bout de champ dans tous les sens de la terre « je joue en 3 secondes autant de notes que sur le dernier Avril Lavigne »… Et ça, j’ai trouvé que c’était fort appréciable. Le groupe se chauffe sur 2 chansons assez mid-tempo yet truly rock’n’roll avant d’envoyer l’armée du feu de dieu… Et là c’est le drame ! Franchement ça balance à en sauter dans tous les sens, limite à pogoter et le public (including me) reste statique, hochant la tête en guise d’acquiescement des notes jouées, genre: « ouais Ok c’est bon les plans Sweep conclus par un tapping slidé je suis d’accord tu peux continuer »… Nan mais sérieux les gens des fois faut s’agiter un peu !

Vers le milieu du set, Paul nous gratifie d’un magnifique duo avec sa pianiste de femme ; pour ce morceau il joue avec un effet nommé « violoning » qui imite au final non pas le violon mais plutôt la flute traversière… Superbe, le thème est mystico-mélancolique à tendance ballade, un peu de repos pour nous oreille, avant d’en reprendre une rasade. Par la suite, Paul reprend plusieurs titres de son groupe des 90’s (Racer X) et ça lorgne bien du coté du heavy metal, forcément le public, connaisseur, apprécie. On notera aussi des efforts de bons goûts : reprendre une symphonie d’Haydn accompagné à la double pédale ou encore jouer avec une perceuse/médiator…

Le rappel sera l’occasion pour Paul de donner un peu de la voix, c’est qu’il chante pas si mal le bougre, notamment sur une cover de « Red House » du sieur Hendrix… Sur le solo, il va même jusqu’à jouer, que dis-je, shredder avec les dents !!! Incroyable qu’il ait toutes ses dents après son solo mais bon, y’a pas à dire, nous avons affaire là à un surhomme sérieux c’est pas possible autrement… Il joue à une vitesse dingue et se fait plaisir à balle, ça groove ça rocks, d’ailleurs ses speechs sont hilarants, il met le public dans sa poche en moins de 2, c’est vraiment un type simple, humble, attachant, resté encore un grand enfant, qui veut s’amuser et jouer du rock’n’roll, et pour tout ça, moi je dis : « Merci Paul » !

mercredi 29 octobre 2008

Greg Howe au New Morning le 29/10/08




Humm je me délecte de reprendre mes petites chroniques musicales. J’avoue, la flemme combinée à un manque d’interaction ressentie sur ce blog avait laissé choir mon enthousiasme de partager mes expériences live. A votre décharge, les noms d’artistes et groupes, plus bizarroïdes les uns que les autres guitaristiquement parlant, feraient fuir plus d’une minette en manque de rock rebelle si cher à nos BB Brunes nationaux… Bref tant que je suis là à écrire autant reprendre le cours de mon récit chronique.

Greg Howe, Greg Howe, Greg Howe… Ok vous n’avez jamais entendu ce nom à moins que:


1) Vous jouiez de la gratte électrique et vous avez laissé sortir vos yeux de leurs orbites en matant une démo du mister sur youtube.
2) Vous kiffiez grave le jazz fusion rock funk qui part en impro free-jazz pendant 20 minutes (« très peu pour moi » vous répondra la page d’attente de Guitar Hero 3).

La description officielle du New Morning pour « vendre » son artiste et nous aguicher afin de remplir la salle est la suivante : « Greg a joué la carte 'musicien de luxe', pour de grands noms de la variété internationale : citons notamment, Michael Jackson, Enrique Iglesias, NSYNC, et récemment Justin Timberlake. ». En somme un guitariste qui s’est fait payé « d’l’argent en masse » pour poser 3 soli rock sur de la ch**** en boîte… Euh pardon de la musique Pop (comme le morceau de Justin Bridoulake du même nom). Enfin je sors quand même Mickael Jackson qui, d’une part a vraiment fait de la pop il fut un temps, et d’autre part à laissé balancer quelques bribes de guitares furieuses sur ses albums (remember « beat it » et Eddie Van Halen). Bon, pas très engageant tout ça… Heureusement que je suis curieux de nature et que le talent du bonhomme dépasse les carcans formatés de la pop.

Je vous épargne ma vie perso (mangé un hamburger, allé en Vélib sous le froid de chez moi au New Morning etc…). A peine j’arrive, à peine ça commence ! Le public pas trop nombreux (faut pas déconner avec une pub pareille on n’allait pas faire salle comble) s’est massé autour de la curiosité du soir à savoir le petit Greg. Il empoigne sa guitare, réglage Ok, « bonsoir New Morning » Ok, smile Ok, tout est prêt. Prêt à partir dans les starting blocks, M. Howe ne tarde pas à nous présenter le menu de ce soir : des notes dans tous les sens, du vibrato toutes les 3 notes, des impros stratosphériques, un groove à tomber par terre avec de la syncope à tire-larigot et un backing band qui envoie du lourd…

Et là vous voyez se pointer le « mais » au tournant… « Mais » tout ceci n’est pas dosé avec parcimonie et c’est bien dommage ! Après le thème des chansons tantôt groovy, tantôt boogie, tantôt funky, tantôt swingy et autres joyeusery en « y », c’est un peu toujours le même régime : « et vazy que jte déboule les notes à vitesse Mach 3, haha je joue plus de notes dans mon concert que dans tous les albums de Simple Plan, Plain White T’s et Tokio Hotel réunis ! »… Donc voila, passées 3 chansons, je ne mange plus de ce pain là désolé, Ok Greg tu gères ta race la gratte et tu changes de tonalité, de mode, ou de je ne sais quoi comme de chemise, mais voila la sauce ne prend plus…

Heureusement, notre cher ami a eu l’ingénieuse idée de ramener sa semi-accoustique et de se poser un petit quart d’heure seul avec son bassiste pour une session acoustique qui me réconcilie peu à peu avec la sensibilité de l’artiste avec des passages ultra mélodiques qui m’emmènent vers la strate du trip musical rythmiquement splendide (malgré quelques symptômes rémanents de « 8000 notes par seconde »). A noter aussi un morceau de son dernier album, morceau intitulé « Morning View » et qui envoie la patate juste comme il faut, du style à revendre, et de la classe, beaucoup de classe.

Après 1h30 d’effort musical le six-cordiste nous quitte, visiblement heureux d’être à Paris pour la première fois en concert. Pour ma part, Musicalement, je ressors du concert en demi-teinte : d’un coté des qualités supra-naturelles pour le bonhomme, de l’autre, du shred trop omniprésent qui gâche un peu le reste.

Passons aux détails marrants maintenant :

- Déjà quand il joue on voit les veines qui sortent de ses avants bras et de ses mains, le mec doit tellement contracter qu’il se transforme en Hulk ! Par ailleurs il sue comme un malade… Steve Vai avait trouvé la parade, un ptit ventilo avec les cheveux longs et c’est parti pour un look ringard (voir ci-dessous).



- Au milieu du concert il enfile une casquette à l’envers, ouah le rebelle.
- Le clavier du groupe avait une pédale wah-wah de guitare, et jouait parfois avec un son se rapprochant d’une bonne gratte funky.
- Si j’ai bien compris le bassiste a 23 ans et a commencé la basse à 18 ans… Mais bien sûr ! Non seulement il joue aussi à vitesse Mach3 mais en plus il double les plans de Greg en Tapping…
- Continuons avec le bassiste : il a un vibrato sur sa basse, ses impros sont ponctuées de bends, il fait du tapping à la Greg Howe, ses plans puent le Greg Howe… Euh il est où l’intérêt de jouer de la basse si c’est pour jouer comme sur une guitare électrique ?
- Le public était très éclectique : métalleux, vieux, jeunes et …. Rockeurs puceaux hahaha !!! Les mecs ils finissent le concert hallucinés : « Ouah comment il joue trop vite et trop bien »… Euh les gars, on est pas venu voir Mattrach ;)


Voili, voilo, sur ce je rends l’antenne.